Claude Simon, éthique de l’écrivain L’Humanité Mars 2025

Le 17 mars, la comédienne Marie Vialle reprend au siège du PCF, place du Colonel-Fabien, à Paris, l’incroyable seule-en-scène qu’elle a créé à partir de l’Invitation de Claude Simon (Minuit, 1988). Dans ce texte, l’auteur de la Route des Flandres s’inspire de son voyage en Union soviétique, en octobre 1986, à l’invitation de l’écrivain kirghiz Chinguiz Aïtmatov, en compagnie d’une délégation d’artistes et d’intellectuels occidentaux dont Arthur Miller, James Baldwin et Peter Ustinov. Écoeuré par les fastes déployés et la vacuité du propos, Claude Simon refuse de signer la déclaration finale et réplique en composant une satire mordante sur le pouvoir, les courtisans et les honneurs vains.

Le petit livre que publient les éditions du Chemin de fer poursuit cette réflexion sous la forme d’une missive adressée au biologiste Federico Mayor, membre de la délégation et futur directeur général de l’Unesco. « Je ne brigue aucun honneur, aucune place, aucun poste : je n’ai d’autre ambition que de mener au mieux mon travail d’écrivain, qui n’autorise à me yeux aucune sorte de concession, que ce soit aux goûts du public ou aux consignes des gouvernants », prévient Claude Simon. Citoyen engagé, signataire du Manifeste des 121, il a, en tant qu’écrivain, toujours combattu le réalisme socialiste et ne conçoit l’engagement de l’artiste que comme une recherche de formes nouvelles. Ce qui lui a valu d’être traité comme une « personne déplacée », uniquement défendu par « trois ou quatre organes de presse parmi lesquels l’Humanité ». Un texte au scalpel sur l’éthique de l’écrivain et la liberté face aux puissants.

Sophie Joubert

Présentation du spectacle de Marie Vialle

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