Gaëlle Duclaux de l’Estoille

Doctorante THALIM

Thèse : Contributions de la littérature à la mobilisation et à la déconstruction des imaginaires nationaux en Algérie durant la période des indépendances (1950-1980)

Directeur(s) de thèse : Catherine Brun

Cette thèse examine le rôle de la littérature algérienne de langue française dans la mobilisation et la résurgence d’imaginaires nationaux entre 1940 et 1990. Dans un contexte marqué par la colonisation, la guerre d’indépendance puis les désillusions postcoloniales, les écrivains étudiés – Kateb Yacine, Assia Djebar, Nabile Farès, Tahar Djaout, entre autres – mettent en récit la nation, ses mythes, ses langues et ses fractures. Leurs textes ne se limitent pas à refléter l’histoire : ils participent activement à la construction symbolique du peuple algérien, tout en révélant les apories et les exclusions de ce processus. La littérature apparaît ainsi comme un lieu réflexif et performatif, capable à la fois de fabriquer la nation et d’en contester les fondements. À travers l’analyse d’un corpus ambivalent, traversé par le sentiment de perte et par le refus d’une réponse identitaire univoque, cette recherche interroge les modalités selon lesquelles l’écriture peut susciter un sentiment collectif d’appartenance – ou au contraire le fragmenter. Croisant approche littéraire, sociologie des imaginaires et pensée postcoloniale (Fanon, Said, Khatibi, Anderson), cette étude met en lumière les tensions entre la production d’un « nous » national et la position marginalisée des écrivains dans leur propre société. Elle défend ainsi l’idée que les imaginaires nationaux ne sont pas des entités closes et homogènes, mais des espaces de conflits symboliques où se rejouent, sans cesse, des rapports de force.


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