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Le « moment » autothéorique ? Enjeux institutionnels de l’essor d’une notion - THALIM UMR CNRS

Le « moment » autothéorique ? Enjeux institutionnels de l’essor d’une notion Journée d’étude

Organisateurs : Maryline Heck, Aude Leblond, Nancy Murzilli (Paris 8)

Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, salle du Conseil
4, rue des Irlandais Paris 5ème

On observe actuellement un engouement remarquablespour l’autothéorie, cette forme hybride qui articule en un dialogue expérimental expérience personnelle et élaboration théorique. L’autothéorie est souvent aussi une forme d’écriture engagée, du fait notamment de son ancrage dans le récit d’expériences minoritaires ou invisibilisées, et dans les pensées queer et féministes.
Cet essor est lisible aussi bien dans les publications littéraires et théoriques, toujours plus nombreuses à prendre une forme autothéorique (voir les récents livres de Lucile Novat, Hélène Giannecchini, Romain Huet, Rose-Marie Lagrave, Irène Théry, Claire Richard, Gwénaëlle Aubry, Romain Noël) que dans l’émergence de grands succès éditoriaux (Maggie Nelson avec Les Argonautes, Neige Sinno avec Triste Tigre, Adèle Yon avec Mon vrai nom est Elisabeth).
Cet engouement s’accompagne dans la sphère académique d’une ressaisie du phénomène depuis le début des années 2020, avec un ensemble de publications consacrés à l’autothéorie (Lauren Fournier, Autotheory as Feminist Practice in Art, Writing, and Criticism, MIT Press, 2021 ; Diana Mistreanu et Andrei Lazar (dir.), Nouvelles formes et pratiques de l’écriture de soi : l’autothéorie et la transbiographie, Revue Studia Universitatus, Babes-Bolyai vol. 70, n° 1, mars 2025 ; Alex Brostoff et Vilashini Cooppan (dir.), Autotheories, MIT Press, 2025). En outre, même si l’autothéorie constitue au sein de la théorie une force de remise en question des certitudes trop confortables, nombre d’auteur·ices d’autothéorie appartiennent au milieu académique.
Dès lors, on voudrait interroger les conditions d’émergence de ce qui se présente comme un « moment » autothéorique dans les débats théoriques et artistiques actuels, entre France, Canada et USA. Sans minimiser les résistances qu’implique le scepticisme opposé à une recherche résolument située, n’hésitant pas à s’ancrer dans le récit de l’expérience personnelle, on étudiera le développement d’un écosystème en partie favorisant, mettant en jeu quatre mondes en interaction : ceux de la recherche (avec notamment l’encouragement de la recherche-création), de la création artistique (avec l’importance croissante prise par la réflexivité théorique dans les masters en art), de l’édition (avec la création de nouvelles collections propices aux œuvres autothéoriques), et de l’enseignement supérieur (avec les nouvelles sensibilités qui émergent dans le public étudiant).
Quelle est la part prise par les institutions dans l’affirmation des œuvres autothéoriques, voire dans leur fabrication même ? Et au-delà de ce rôle d’incitation, quelle réception institutionnelle y a-t-il pour l’autothéorie ? Telles sont les questions auxquelles nous voudrions répondre.

PROGRAMME

14h30 Introduction par Maryline Heck (Université de Tours, en délégation à THALIM), Aude Leblond (Université Sorbonne Nouvelle) et Nancy Murzilli (Université Paris 8) : « Le moment autothéorique ? Engouements et résistances institutionnels »

Première partie : L’autothéorie dans le champ académique

14h45 Géraldine Gourbe (École supérieure d’art et de design Tours Angers Le Mans), « Que sont devenus les enfants perdus de la lettre ? Situations pédagogiques à l’ère néofasciste »
15h15 François Aubart (Beaux-Arts de Cergy-Pontoise), « Comment des artistes et des réalisateurices ont modifié ma façon de voir Madame Bovary »

15h45 Lionel Ruffel (Université Paris 8), « Le moment autothéorique et l’ère du programme »

16h30 Pause café

Deuxième partie : L’autothéorie dans le champ éditorial

16h45 Table ronde modérée par Jérôme David (Université de Genève), avec Christine Marcandier (Université Aix-Marseille, directrice de « La librairie du XXIe siècle aux éditions du Seuil) et Damien de Blic (Université Paris 8, directeur des Presses Universitaires de Vincennes).

17h45 Conclusions par Maryline Heck, Aude Leblond et Nancy Murzilli

18h Cocktail

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