Dans les années 1970, Audre Lorde, poétesse et essayiste emblématique du mouvement féministe noir américain exprimait déjà la nécessité de faire porter sa voix avec pugnacité pour se faire entendre dans un circuit de paroles contraint par des rapports de pouvoir qui ne favorisait pas les femmes noires. Il a fallu attendre 2023 pour que ces paroles fortes nous parviennent en français grâce au travail du collectif de traductrices Cételle. Cette même année, la jeune et dynamique maison d’édition basée à Sète, Ròt-Bò-Krik, faisait paraître Imaginer la libération. Des femmes noires face à l’Empire d’Annette Joseph-Gabriel. Son essai engagé retrace le portrait successif de sept femmes noires importantes (dont cinq écrivaines) du milieu du XXè siècle, évoluant le long d’un triangle Atlantique allant de la France hexagonale à l’ex-Afrique française et belge, en passant par les Antilles françaises et les États-Unis. Paulette Nardal est l’une de ces femmes. Outre l’ouvrage consacré à Paulette et ses soeurs par Léa Mormin-Chauvac en 2024 aux éditions Autrement, Ròt-Bò-Krik fait paraître concomitament le premier recueil d’écrits de la journaliste et autrice martiniquaise, Écrire le monde noir.<p>Sachant en outre que sortirait cet automne 2024 en librairie la traduction d’un ouvrage collectif de 2018 ayant fait date dans les études africaines-américaines et les études féministes -Black French Women and the Struggle for Equality.1885-2016, la rédaction des ELA a saisi cette opportunité éditoriale gigogne pour examiner, sous forme de regards croisés, les échos et correspondances entre lesdits ouvrages.</p>
À propos des écrivaines françaises noires au temps de la décolonisation Article - Décembre 2024
Maëline Le Lay, « À propos des écrivaines françaises noires au temps de la décolonisation
», Etudes Littéraires Africaines, décembre 2024, pp. 153-188. ISSN 0769-4563
Résumé
