Cet article étudie les recueils de plusieurs poètes et artistes contemporains qui tous, empruntent à l’histoire naturelle (Julien Blaine, Jacques Demarcq, le duo Raphaël Saint-Remy/Benjamin Bondonneau et celui formé par Tristan Félix et Maurice Mourier). Si les historiens ont expérimenté depuis longtemps les fictions épistémologiques de décentrement qui rendent sensible le point de vue animal, qu’en est-il des poètes lorsqu’ils reprennent à leur compte ces formes didactiques qui cartographient, séparent et recensent les formes du vivant ? Entre le naturaliste et l’animal, un nouveau partage de l’espace semble se faire : partage des voix, partage de l’espace sonore et graphique (deux œuvres sont accompagnées d’enregistrements sonores et toutes recourent à un dispositif iconotextuel spécifique), partage d’un ethos enfin, pour quelques exercices de chamanismes. Les formes du dialogue avec les pères de l’histoire naturelle (Buffon, Audubon, Darwin) sont ici analysées, le pastiche des notices didactiques du naturaliste et la manière dont semble être offert à l’animal un droit de réponse. Cessant d’être un objet, décrit par un discours surplombant, pour devenir un sujet parlant, l’animal inquiète au contraire les certitudes de celui qui prétendait en faire le tour par quelque description rondement menée.
Buffonnades en vers et prose. Un nouveau partage de l’espace Communication dans un congrès
Émilie Frémond, « Buffonnades en vers et prose. Un nouveau partage de l’espace
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Résumé
