Chateaubriand lecteur de Volney Communication dans un congrès

Sarga Moussa

Sarga Moussa, « Chateaubriand lecteur de Volney  »

Résumé

Le regard du voyageur est toujours informé par un certain nombre de lectures. Même lorsqu’il prétend décrire le monde tel qu’il est, dans une sorte d’immédiateté sensible, il ne peut manquer de faire appel à des médiations culturelles. Lamartine ne dit-il pas, au début de son Voyage en Orient (1835), avoir embarqué " une bibliothèque de cinq cents volumes " ? Sans doute doit-on faire la part de l’exagération rhétorique, mais cette assertion est malgré tout révélatrice : même à l’époque romantique, où le moi s’affirme et chercher à s’autonomiser, le voyageur, surtout s’il est un écrivain, est aussi un grand lecteur, qui se documente avant, pendant et même après son voyage. Ce phénomène est particulièrement observable chez Chateaubriand, encore proche du XVIIIe siècle, et dont la dimension érudite est très visible dans l’Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811) : le narrateur cite constamment d’autres auteurs, que ce soit dans le corps du texte, en note de bas de page, dans les notes plus longues figurant à la fin de son récit de voyage, ou encore dans une Introduction en forme de bibliographie commentée. Volney, en particulier, apparaît régulièrement dans l’Itinéraire, qu’il soit explicitement cité ou que son Voyage en Syrie et en Égypte (1787) ne soit mentionné qu’en filigrane. Opposé au courant de pensée des " idéologues ", Chateaubriand n’en est pas moins tributaire, comme nombre d’autres voyageurs du XIXe siècle, du Voyage de Volney, qui passe longtemps pour une autorité sur l’Orient.

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