Entre Antiquité et modernité, l’hyperbate dans Mémoires d’Hadrien Chapitre d’ouvrage - Novembre 2014

Frédéric Martin-Achard

Frédéric Martin-Achard
Frédéric Martin-Achard, « Entre Antiquité et modernité, l’hyperbate dans Mémoires d’Hadrien  », in Karine Abiven, Hélène Biu (eds.), Styles, genres, auteurs. 14, Roman d’Eneas, La Boétie, Corneille, Marivaux, Baudelaire, Yourcenar, 2014, pp. 211-226. ISBN 978-2-84050-961-5

Résumé

Dans Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar cherche à dresser le « portrait d’une voix », celle d’un empereur romain philhellène, en donnant à sa langue un rythme, un ton, hérité du grec et du latin, en l’infléchissant pour lui conférer une « authenticité tonale ». Pour qualifier ce ton, Yourcenar forge le concept d’« oratio togata », style « togé », qui ne repose pas sur l’imitation de modèles anciens mais consiste en la création d’un « effet d’Antiquité ». Mon hypothèse est que l’hyperbate, dont la dualité est constitutive, inscrit cette tension entre Antiquité et Modernité dans le style des Mémoires d’Hadrien et représente la figure clef pour décrire l’oratio togata. En tant que figure d’inversion et de déplacement – sa définition antique –, elle bouleverse l’ordre des mots dans la phrase et rappelle des langues dans lesquelles les désinences casuelles sont déterminantes. En tant que figure d’ajout – son acception moderne –, elle a trois fonctions principales dans le roman : contribuer à l’universalisation de l’expérience personnelle ; souligner la méditation sur le temps ; et générer une tonalité pathétique. Au final, nous verrons, à la lumière de l’hyperbate, que le style des Mémoires d’Hadrien est plus proche de la prose des moralistes classiques que de celles des modèles antiques ou de la langue littéraire du milieu du xxe siècle.

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