La polyphonie des vivants dans Les Fables du moineau de Sami Tchak Chapitre d’ouvrage - Janvier 2025

Marion Coste

Marion Coste, « La polyphonie des vivants dans Les Fables du moineau de Sami Tchak  », in M. Bâ, A. Chaudemanche, A. Diaw, X. Garnier, C. Riffard, S. Seye (ed.), Littératures africaines et écologie, 2025

Résumé

<div>La polyphonie des vivants dans Les Fables du moineau de Sami Tchak<p>Les êtres chthoniens, tentaculaires, doivent manger, ils sont à table, cum panis, espèces compagnes de Terra (Haraway, 2020 : 107).</p></div> <div>I) L’expression de la violence a) Les scènes de dévoration<p>Ainsi, les scènes de dévoration sont très nombreuses, et particulièrement développées. Voici l’une d’elle, au début du récit :</p><p>Lorsqu’elle revient dans mes souvenirs, je sens la mollesse de son corps massif, blanc, plein d’eau et de graisse, énorme corps, surtout par rapport à sa propre tête et au roi, son roi, le mâle avec qui elle engendre toute la population de la colonie, soldats, ouvrières, etc., je sens cette masse qui peine à se déplacer, qui ne se déplace presque pas, et je pense à la migration, quand il faut organiser le transport de cette reine, la reine termite, mais je sais, je m’en souviens, que nous en raffolions, que nous raffolions de ce termite qui, de la taille normale des termites de son espèce, a été choisi par les siens pour être reine et qui, gavé, s’est enflé, a pris une taille impressionnante, combien de fois sa taille initiale, je ne le sais, et parfois, pour elle, dont nous raffolions, nous faisions, sans le moindre scrupule, des dégâts dans la termitière, oeuvre architecturale, la termitière, d’une perfection à impressionner même, disait mon père, Dieu le Créateur, nous cassions, en partie, la termitière, affrontions alors les soldats à la tête rouge et aux puissantes mandibules, mais que pouvaient-ils, les termites, contre nous, et nous la délogions de son château, cette énorme et blanche reine qui, dans le feu, se tortillait, dont, dans le feu, la masse diminuait, qui, la reine, succulence, dans notre bouche, mâchée, n’était plus grand-chose, mais le goût… (Tchak, 2020 : 20-21) </p></div>

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