Le jeu scénique porteur de sens Article - 2006

Isabelle Schwartz-Gastine

Isabelle Schwartz-Gastine, « Le jeu scénique porteur de sens  », Actes des congrès de la Société française Shakespeare, numéro spécial Shakespeare et le jeu, Yves Peyré, Pierre Kapitaniak (eds.), 2006, pp. 145-163. ISSN 2271-6424

Les pièces de théâtre n’existent pleinement que sur la scène, lorsque les mots du dramaturge prennent chair par l’entremise des acteurs et trouvent une existence dans le mouvement et dans l’espace. Le corpus shakespearien se prête d’autant plus au jeu de scène que Shakespeare, connaissant toute les ficelles du métier, a composé un texte qui laisse libre cours à la créativité des comédiens. On a vu par le passé bon nombre d’interprètes passer de la scène ludique à la scène publique, donnant les traits de personnalités célèbres à leur rôle ou lançant un message politique qui, par-delà la Renaissance, s’adressaient d’abord au monde contemporain. Les mots du texte ont une importance primordiale, mais c’est également par le non-dit que passe le message, message qui peut tout à fait fluctuer suivant l’inflexion du jeu des acteurs. Que se passe-t-il entre Bottom et Titania d’une mise en scène à l’autre ? Comment est traité le silence de certains personnages que Shakespeare a privés de répliques aux propositions qui leur sont faites, Hippolyta au début de A Midsummer Night’s Dream, Isabella à la fin de Measure for Measure ? Et pourtant, d’après le jeu scénique, la réponse se fait comprendre naturellement : il ne s’agit pas là de trahir Shakespeare, mais de faire vivre les personnages par le théâtre et de proposer un message conséquent. <b>Le non-dit</b> Question sans réponse Une fin problématique <b>Une élaboration scénique révélatrice</b> Amplification Entre concaténation et aposiopèse Le sur-contexte

Theatre plays only exist when performed on stage, when the words of the playwright are embodied by the actors and are alive through the movement in space. The Shakespearean canon is all the more liable to be successful on stage as Shakespeare knew all the tricks of his trade and composed texts which leave plenty of room for the creativity of the actors. And indeed many of them in the past have embodied well-known current figures on stage, or have tried to convey a political message which aimed at contemporary society through the medium of the Renaissance. The words of the play have of paramount importance, but it is also through the blanks that the message can be conveyed, a message which can very well change according to the inflection of the performance of the actors. What happens between Bottom and Hippolyta from one staging to another ? How does a staging deal with the silence of some characters that were not allowed cues by Shakespeare, such as Hippolyta, at the beginning of A Midsummer Night’s Dream, Isabelle at the end of Measure for Measure ? However the answer is clearly expressed, Shakespeare’s message is not betrayed, on the contrary, the characters come to life thanks to the performing, and a coherent message can emerge.

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