S’inscrivant d’emblée à rebours des prescriptions réalistes du régime soviétique avec la mise en scène de pièces surréalistes à ses débuts, Krystian Lupa entreprend par la suite de ranimer la vie psychique de ses contemporains grâce au théâtre, non pas en opposant le rêve à la réalité mais en faisant coexister le réel avec tout ce qui le dépasse (l’inconscient, le rêve, les fantasmes…). Cette ambition ontologique se manifeste tout particulièrement à travers un motif qui se retrouve dans plusieurs de ses spectacles : celui de personnages qui dorment et rêvent sur scène. Ce motif dramaturgique, qui met sur la voie des processus de création de Lupa et des modalités de perception établies entre scène et salle, est étudié dans trois spectacles : Bracia Karamazow, d’après Les Frères Karamazov de Dostoïevski (1990), Kalkwerk, d’après La Plâtrière de Thomas Bernhard (2003) et Persona. Marilyn, inspiré par la personnalité de Marilyn Monroe (2010).
Le spectacle du sommeil sur la scène de Krystian Lupa Chapitre d’ouvrage - Janvier 2025
Floriane Toussaint, « Le spectacle du sommeil sur la scène de Krystian Lupa
», in Émilie Frémond, Marie Bonnot (eds.), Les Arts du sommeil, 2025. ISBN 9791037041463
Résumé
