Les genres autobiographiques au croisement de la littérature et de la sociologique dans Comme nous existons (Kaoutar Harchi) et Une Poupée en chocolat (Amandine Gay) Chapitre d’ouvrage - Juin 2024

Marion Coste

Marion Coste, « Les genres autobiographiques au croisement de la littérature et de la sociologique dans Comme nous existons (Kaoutar Harchi) et Une Poupée en chocolat (Amandine Gay)  », in Violaine Houdart-Merot (ed.), Le Tournant créatif de la recherche, 2024

Abstract

Je montre comment sociologie et littérature se mêlent dans Comme nous existons (Kaoutar Harchi) et Une Poupée en chocolat (Amandine Gay). À partir de ma lecture du travail de Patricia Hill Collins, j’explique que le récit de soi peut être considéré comme une archive utile à la construction d’une pensée sociologique, ou même comme un travail de sociologie en soi. Je présente la façon dont cette conviction donne forme à l’écriture d’Amandine Gay et de Kaoutar Harchi. Je m’attache ensuite aux différences entre ces deux écritures, pour montrer que Kaoutar Harchi se met en scène en écrivaine et produit une écriture qui fait la part belle aux figures de style et à l’expression de l’intensité émotive de certaines situations, quand Amandine Gay présente son écriture comme l’élaboration d’une archive, et cite abondamment ses sources sociologiques pour présenter sa propre vie comme une source permettant d’élaborer une pensée sociologique ayant une valeur plus générale. Je mets en lumière les limites de telles pratiques, montrant que l’écriture de Kaoutar Harchi, parce qu’elle s’attache à décrire dans leur singularité chacune des personnes et des situations vécues, ne permet pas facilement l’élaboration d’une analyse générale de ce qu’elle appelle des « parentés postcoloniales ». Dans un mouvement inverse, je fais l’hypothèse que l’évocation scrupuleuse de ses sources sociologiques ainsi que la rapidité avec laquelle Amandine Gay passe sur la plupart des épisodes de sa vie pour s’attacher à une pensée plus abstraite, font d’Une Poupée en chocolat un ouvrage qui se rattache plus à la sociologie qu’à la littérature. Ainsi, la lecture de ces deux textes montre que le rapprochement de la sociologie et de la littérature invite à forger des formes hybrides et à faire bouger les lignes des disciplines. Cependant, ces deux œuvres, à mon sens, ne parviennent pas à un équilibre entre sociologie et littérature, l’une l’emportant sur l’autre dans chacun des deux cas.

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