La vieillerie a peu à voir avec la vieillesse. Les slogans le répètent à l’envi de nos jours : on peut être jeune à tout âge. Il suffirait d’annuler, en fait de retarder, les effets de l’âge pour que la vieillesse devienne un âge comme un autre, où l’on profite pleinement de la vie. D’où les exhortations à rester en forme grâce à une bonne diététique, à garder sa vigueur, à lutter contre l’inéluctable dégradation. Cette vieillerie serait donc le point dialectique autour duquel s’opposent, se complètent, se transforment les deux notions de jeunesse et de vieillesse 1. Chez les Anciens toutefois, une telle dialectique est peu perceptible, tant la vieillesse est représentée comme le temps linéaire d’un délabrement inévitable, auquel tous n’atteignent pas, et que l’on pare, dans le meilleur des cas, de la « sagesse » de l’âge. Un terme peu fréquent, en latin, énonce toutefois la déchéance : le ueternus 2 .
Mythopoétique du veternus dans la dialectique de l’âge d’or et de l’âge arcadien [Mythopoetik des Veternus in der Dialektik des Goldenen Zeitalters und des Arkadischen Zeitalters] Chapitre d’ouvrage - 2020
Franck Collin, « Mythopoétique du veternus dans la dialectique de l’âge d’or et de l’âge arcadien [Mythopoetik des Veternus in der Dialektik des Goldenen Zeitalters und des Arkadischen Zeitalters]
», in Dialectiques de la vieillesse dans l’Antiquité, 2020
Résumé
