Dans les années 1990, des poètes comme Christophe Tarkos, Charles Pennequin, Nathalie Quintane et Vincent Tholomé, engagés dans une poésie “faciale” qui refuse l’“intériorité” et “n’a que son unique face pour faire front”, héritent des rencontres entre les poètes sonores et les avant-gardes textualistes. Si leurs œuvres imprimées, tout particulièrement celles de Tarkos et de Pennequin, s’inscrivent entre vocalité et scripturalité, c’est davantage à leurs pratiques diversifiées d’une vocalité amplifiée que l’article s’intéresse. Il montre comment, s’étant affranchis des relations métaphoriques entre poésie et musique, tout comme de l’opposition de principe à la culture de l’imprimé, Tarkos, Pennequin, Quintane et Tholomé prolongent et renouvellent tout à la fois les écritures sonores et les transmédiations orales de textes écrits, telles que les ont conçues leurs prédécesseurs des années 1950 aux années 1980, réinvestissant par là même, différemment, les relations entre voix et musique. Pour ce faire, nous nous intéresserons à la manière dont ils prolongent les écritures sonores plurivocales, dont ils réenvisagent les collaborations avec les musiciens et dont ils abordent, parfois frontalement, la voix chantée.
Pratiques vocales et poésie ’faciale’. Charles Pennequin, Nathalie Quintane, Christophe Tarkos, Vincent Tholomé Chapitre d’ouvrage - 2025
Anne-Christine Royère, « Pratiques vocales et poésie ’faciale’. Charles Pennequin, Nathalie Quintane, Christophe Tarkos, Vincent Tholomé
», in Laure Gauthier et Anne-Christine Royère (dir.) (ed.), Vocalités contemporaines. La voix entre poésie et musique (1947-2024), 2025, pp. 213-226. ISBN 978-2-7535-9899-7. 〈https://pur-editions.fr/collection/314〉
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