L’article étudie la posture « contre-exotique » qui consiste à considérer l’altérité sous l’angle du banal et à professer une uniformisation du monde et une standardisation de ses représentations. Dans ce dessein, il s’attache plus précisément à des œuvres qui ont partie liée avec le tourisme : Plateforme (2001) de Michel Houellebecq, Suite à l’hôtel Crystal (2004) d’Olivier Rolin et Carnet du Pérou (2013) de Fabcaro. Se pose de façon prégnante la question de la distance ironique aux clichés et stéréotypes véhiculés par le discours et l’activité touristiques dans des œuvres où l’altérité n’existe qu’au second degré. L’article examine successivement trois dispositifs : l’ambiguïté chez Houellebecq ironise l’ironie pour en revenir à une vérité littérale du cliché ; le péritexte chez Rolin neutralise l’ironie en démasquant de façon trop ostensible le cliché, tandis que Fabcaro met en place une scénographie qui déréalise le voyage et entraîne exotisme et contre-exotisme dans une même dérision.
Uniformisation du discours, standardisation du monde : banalités et clichés touristiques dans quelques romans contemporains (Houellebecq, O. Rolin, Fabcaro) Chapitre d’ouvrage - 2020
Frédéric Martin-Achard
Frédéric Martin-AchardFrédéric Martin-Achard, « Uniformisation du discours, standardisation du monde : banalités et clichés touristiques dans quelques romans contemporains (Houellebecq, O. Rolin, Fabcaro)
», in Annie-Sophie Donnarieix, Jochen Meche (eds.), La délocalisation du roman. Esthétiques néo-exotiques et redéfinition des espaces contemporains, 2020, pp. 71-84. ISBN 9783631822104
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