Écriture : genèses, générations, ruptures (2025- )

Organisateurs : Hélène Campaignolle-Catel, Violaine Anger (Université d'Evry/ CEEI), Luc Bachelot (CNRS/ CEEI)

Présentation du séminaire : 

Organisé cette année par Violaine Anger (Université d’Evry/ CEEI), Luc Bachelot (CNRS/ CEEI), Hélène Campaignolle (CNRS UMR THALIM/ CEEI), le séminaire CEEI-THALIM abordera la question des temps de l’écriture dans l’histoire de l’écrit.

"Genèses", "générations", "ruptures" : trois termes articuleront la réflexion au cours de plusieurs séances centrées sur quelques-uns des phénomènes scripturaux majeurs ayant marqué l’aventure des écritures (qu’il s’agisse de la forme de nos lettres, de l’idéogramme, ou de l’émergence de la communication numérique).

La réflexion portera ainsi à la fois sur :
- des objets historiques et concrets choisis par un.e chercheur.e invité.e, analysés selon l’angle propre au CEEI, i.e. valorisant la part matérielle et visuelle de l’écrit plutôt que sa part linguistique ou imaginale
- une interrogation épistémologique sur la façon de les aborder théoriquement, de les comprendre et de les nommer : lieux de genèses, marqueurs évolutifs, points de ruptures.

Texte de référence et de discussion : « Anne-Marie Christin Visible/Lisible : pour une typologie de l’écriture » in Écritures V, Systèmes d’écriture, imaginaire lettré, Karine Bouchy et Hélène Campaignolle (dir.), Paris, Presses de l’Université Sorbonne nouvelle, 2020, p. 361-375.

https://ceei.hypotheses.org/21312

Séances du séminaire

Séance(s) passée(s)

  • « La gravure d’inscriptions de l’Antiquité jusqu’au XVe siècle. Perspectives en pratique »
  • « Autour de “L’homme augmenté” »
  • Jean Lassègue et Giuseppe Longo « Critique de la raison numérique » (nouvelle date)
  • Maurizio Ferraris, « Webfare. Le bien être digital. »
  • Jean-Jacques Glassner, « Réinterroger la notion d’idéogramme »

    Le séminaire CEEI-THALIM 2024-2025 “Écriture : genèses, générations, ruptures” se poursuivra le mercredi 9 avril 2025 avec une conférence de Jean-Jacques Glassner intitulée : « Réinterroger la notion d’idéogramme ».

    En discussion avec Luc Bachelot (CEEI/ UMR THALIM).

    Résumé de la conférence

    “Les progrès récents de l’archéologie ont permis de dater des environs de 3700-3400 avant notre ère certains artefacts, des bulles d’argile contenant des calculi et des tablettes d’argile couvertes des notations numérales. Or, ces dates sont antérieures à l’invention de l’écriture, toujours située vers 3400. Jadis, tous ces objets étaient considérés comme contemporains des débuts de l’écriture.

    S’agissant des notations numérales, on a pu croire à un premier essai d’une écriture logographique, chaque signe étant lisible en diverses langues, on découvre à présent qu’il ne s’agit pas d’écriture, mais d’une manière de sémiographie restreinte, qui se contente d’une série limitée de signes.
    La localisation de ces artefacts le long des grands axes du commerce international montre qu’ils étaient les inventions des agents de ce commerce dont ils constituaient le langage commun.

    Alentour 3400, à Uruk, l’écriture est inventée.

    Bio-bibliographie de l’intervenant

    Jean-Jacques Glassner est un historien français né en 1944 à Bischwiller (Alsace), spécialiste du monde mésopotamien. Ses recherches ont porté plus spécifiquement sur l’écriture cunéiforme. Enseignant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il est également directeur de recherche émérite au CNRS, UMR ArScAn, équipe Histoire et ARchéologie de l’Orient Cunéiforme (HAROC). En 2006, paraissait sous sa direction la version française du Dictionnaire archéologique
    de la Bible (Paris, Hazan).

    – J.-J. Glassner, Écrire à Sumer, Seuil, 2000, nouvelle édition mise à jour en préparation.
    – J.-J. Glassner, Chroniques mésopotamiennes, nouvelle édition mise à jour, Belles Lettres 2023.
    – J.-J. Glassner, Le Devin historien en Mésopotamie, Brill, 2019.
    – J.-J. Glassner, La Mésopotamie, édition de poche, Tallandier, 2025.

    Bio-bibliographie du discutant

    Ancien chercheur au CNRS- UMR 7041, Archéologies et sciences de l’Antiquité (ArScAn), archéologue du Proche-Orient, Luc Bachelot a participé ou dirigé des fouilles archéologiques en Iran, Irak et Syrie. Outre ses travaux de terrain, s’est particulièrement intéressé aux questions liées aux « pratiques symboliques » (image et écriture) des sociétés anciennes du Proche-Orient, dans une perspective comparatiste et générale (histoire, anthropologie et philosophie notamment) prenant également en compte les pratiques les plus récentes. Membre du CEEI depuis 1982.

    – « Le don du temps », in Marion Verboom, Peptapon, p. 81-87, Paris, Éditions Dilecta (Paris 2020).
    – « Les idoles aux yeux de Tell Brak, essai d’interprétation », in A. Pienkowska, D. Szelag & I. Zich, Stories around the fountain. Papers offered to Piotr Bielinski on His 70th Birthday. Polish Centre of Mediterranean Archaeology, (University of Warsaw Press, 2019).
    – « Écriture image et grammatologie », in Hélène Campaignolle-Catel et Karine Bouchy, Écriture V, p. 43-59, Sorbonne nouvelle, (Paris, 2019).
    – « Aventure et mésaventure de l’écriture », in Raffaella Pierobon Benoit, Avventure della scrittura, Cahier du Centre Jean Bérard, 24, p. 15-38, (Naples, 2018).

    INHA salle Pereisc
    Institut National d’Histoire de l’Art, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

  • D’aujourd’hui à hier, une archéologie de l’écriture
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